Le rat d'egout

 


On est allés fureter dans Sabang Street, en bas de l’hôtel. Le trottoir, normalement réservé aux piétons, était bordé de marchands ambulants avec leurs éternels plats du soir qui baignaient dans l’huile.
« Tu voulais quoi, déjà ?
– Du mie goreng et du bakso. Tu veux pareil ? » j’ai demandé, surpris.
Il a hoché la tête.
On a continué, l’œil sur les cartes. Tous les passants nous regardaient mais je m’en fichais. Les étrangers attirent les regards, rien de plus naturel. Mais la différence qu’incarnait Eliot allait au-delà de l’ordinaire. Les gens qui nous voyaient passer avaient dans les yeux un mélange d’amour, d’admiration, de fascination et de crainte. Car il n’était pas seulement blanc : tout le monde le prenait pour une star. Encore une conséquence de notre histoire hollandaise et de l’influence du cinéma américain. À croire que ça agit sur nous inconsciemment ! J’ai eu envie de crier qu’Eliot portait des chaussettes trouées. Qu’il était comme tout le monde.

Roni, jeune écrivain indonésien dont le premier roman a eu un éphémère succès, tombe amoureux d’Eliot, un agent littéraire français invité pour un festival à Jakarta. Entre eux se noue une intimité ambiguë qui fait toute la matière de ce nouveau roman, écrit en partie en Europe où l’auteur part faire une tournée promotionnelle inattendue.

Né dans un village de Java occidental, Nuril Basri vit dans la marginalité à Jakarta. Après Not A Virgin, inspiré de sa formation dans un pensionnat islamique et publié en traduction anglaise avant l’original indonésien, Le Rat d’égout évoque ses débuts en littérature. Inédit en anglais, langue où il a été écrit, ce livre est ici présenté en avant-première au public français.

Date de publication : 30/01/2023
ISBN : 978-2-493205-04-9
12,9 x 19,8 cm
144 pages


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